Destination Île de Ré
Ma route du sel sur l’Île de Ré : à la découverte des marais salants à vélo
Rédaction & Photographies par Noémie Vieillard – alias L’oeil du Voyage
Photographies SOOC (Straight Out Of Camera) prises au Fujifilm x100f
Une véritable route du sel à parcourir à vélo
S’il y a des itinéraires que je retiendrai de ces quatre jours, c’est sans hésiter ceux qui passent par les marais salants. Depuis Ars-en-Ré jusqu’aux Portes-en-Ré, ainsi que le parcours Ars-en-Ré > La Couarde > Loix.
Je ne sais pas si ce parcours porte un nom officiel, mais j’ai rapidement eu l’impression de suivre ma propre route du sel.
🧂 Ma route du sel en bref
📍 Lieu : Entre Ars-en-Ré, Loix et Les Portes-en-Ré (Île de Ré)
👉 Au programme :
- parcourir les pistes cyclables qui traversent les marais salants
- découvrir le métier de saunier lors d’une visite guidée
- comprendre comment naissent le gros sel et la fleur de sel
- observer une biodiversité exceptionnelle (hérons, aigrettes, avocettes…)
- acheter directement votre sel chez les producteurs, souvent en libre-service
Plus qu’un itinéraire, cette « route du sel » est une immersion dans l’âme de l’Île de Ré. Entre patrimoine, nature et savoir-faire, chaque coup de pédale permet de mieux comprendre pourquoi le sel façonne ces paysages depuis des siècles.
👉 À retenir :
🧂 Les marais salants sont encore exploités par des sauniers passionnés.
🚲 Le vélo est le meilleur moyen de découvrir les marais, en toute tranquillité.
👨🌾 Une visite guidée permet de comprendre le fonctionnement d’un marais salant et le quotidien des sauniers.
🛍️ Profitez-en pour acheter votre fleur de sel directement chez les producteurs : un produit local, récolté à la main.
❤️ Mon conseil : ne vous contentez pas de traverser les marais. Prenez le temps de vous arrêter, d’observer les jeux de lumière sur les bassins et d’échanger avec un saunier. C’est souvent là que l’on découvre la véritable richesse de l’Île de Ré.
LES MARAIS SALANTS DE L’ÎLE DE RÉ
Partout, le paysage raconte cette histoire. Les bassins se succèdent à perte de vue, séparés par de petites digues où circulent cyclistes et promeneurs. Les cabanes de sauniers apparaissent au détour d’un chemin, parfois accompagnées de petits monticules de sel qui brillent sous le soleil. Ici, le sel n’est pas un simple produit local : il fait partie du décor, du patrimoine et de la vie quotidienne.
J’ai particulièrement aimé m’arrêter devant les petits points de vente installés directement au bord des marais. Fleur de sel, gros sel, caramels et autres produits artisanaux sont souvent proposés en libre-service. On choisit son produit, on dépose la somme demandée dans une boîte, et l’on repart. Sans vendeur. Sans contrôle. Tout fonctionne sur la confiance.
À mes yeux, cette confiance vaut presque autant que le paysage lui-même. Elle raconte une île qui, malgré son immense succès touristique, a su préserver une certaine simplicité et des valeurs qui deviennent rares.
En suivant ces pistes cyclables entre les marais, on ne découvre pas seulement un paysage exceptionnel. On comprend peu à peu pourquoi le sel est souvent appelé ici l’or blanc de l’Île de Ré. Depuis des siècles, il façonne ces terres, entretient une biodiversité remarquable et continue de faire vivre des dizaines de sauniers qui perpétuent un savoir-faire transmis de génération en génération.
Finalement, cette route du sel est bien plus qu’un itinéraire. C’est sans doute la meilleure manière de découvrir l’âme de l’Île de Ré.
COMMENT EST RÉCOLTÉ LE SEL SUR L’ÎLE DE RÉ ?
La récolte du sel est un savoir-faire ancestral qui demande autant de patience que de précision. Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, le saunier ne « fabrique » pas le sel : il accompagne simplement le travail du soleil, du vent et de l’eau de mer.
J’ai effectué une visite guidée aux Portes-en-Ré, aux « Marais du Roc », auprès d’Hervé.
Tout commence au printemps, lorsque les marais sont remis en état après l’hiver. Les bassins sont nettoyés, les digues réparées et les fonds en argile soigneusement entretenus afin de garantir une bonne circulation de l’eau.
LES MÉTIÈRES
LA BOUTIQUE
LES DERNIERS BASSINS
L’ENTRÉE DE L’EAU DE MER
L’eau de mer est introduite dans les marais lors des grandes marées grâce à un réseau de canaux. Elle ne rejoint pas directement les bassins de récolte.
Elle traverse d’abord plusieurs réservoirs où elle commence lentement à s’évaporer sous l’effet du soleil et du vent. À chaque étape, sa concentration en sel augmente.
Le parcours peut durer plusieurs jours, voire plusieurs semaines selon les conditions météorologiques.
Un panneau explicatif mis en place devant les bassins du saunier « Pick Sel »
LE CHEMINEMENT DANS LES BASSINS
Le marais salant est composé d’une succession de bassins de faible profondeur.
Le saunier fait circuler l’eau d’un bassin à l’autre à l’aide de petites ouvertures aménagées dans les digues. Tout est contrôlé manuellement.
Le niveau d’eau est extrêmement important : quelques millimètres de différence peuvent modifier la qualité de la récolte.
Au fil du parcours, l’eau devient de plus en plus salée jusqu’à atteindre les derniers bassins.
C’est là que le sel va cristalliser.
DEUX RÉCOLTES DIFFÉRENTES
Lorsque les conditions sont réunies (beaucoup de soleil, du vent et peu de pluie), deux types de sel peuvent être récoltés.
La fleur de sel apparaît d’abord.
Elle se forme à la surface de l’eau sous la forme d’une fine pellicule de cristaux très légers. Le saunier la récolte délicatement avec un outil spécifique afin de ne pas la casser. C’est le sel le plus rare et le plus recherché.
Le gros sel, quant à lui, se dépose au fond du bassin.
Le saunier le rassemble avec un long râteau en bois appelé le las, avant de former de petits tas sur le bord du bassin pour qu’il puisse continuer à s’égoutter.
LE STOCKAGE DU SEL
Une fois récolté, le sel est transporté jusqu’à une petite plateforme où il finit naturellement de sécher.
Il est ensuite stocké dans les traditionnelles cabanes de sauniers avant d’être conditionné ou vendu directement.
Sur l’Île de Ré, de nombreux producteurs commercialisent leur récolte sur place : gros sel, fleur de sel, sels aromatisés ou encore produits dérivés comme les caramels ou les savons.
LE MÉTIER DE SAUNIER DÉPEND ENTIÈREMENT DE LA MÉTÉO
Le travail du saunier reste intimement lié aux conditions climatiques.
Le soleil favorise l’évaporation, le vent accélère le processus, tandis que la pluie dilue la saumure et peut interrompre complètement la récolte pendant plusieurs jours.
Certaines saisons sont donc particulièrement généreuses, alors que d’autres produisent beaucoup moins de sel.
Le saunier dit souvent qu’il travaille avec la nature, jamais contre elle. Il ne peut pas décider quand le sel sera prêt : il observe chaque jour les bassins, adapte la circulation de l’eau et attend que les bonnes conditions soient réunies. C’est un métier d’observation, de patience et d’expérience, où chaque marais réagit un peu différemment selon le vent, la chaleur ou l’humidité.
Les sauniers sur l’Île de Ré
un savoir-faire vieux de près de mille ans
L’exploitation du sel sur l’Île de Ré remonte au XIᵉ siècle, même si certains historiens pensent que les premiers aménagements pourraient être encore plus anciens.
À cette époque, le sel est une ressource précieuse. Avant l’invention des réfrigérateurs, il constitue l’un des seuls moyens de conserver les aliments, notamment le poisson, la viande ou certains légumes. Sa valeur est telle qu’il est parfois surnommé l’or blanc.
Les habitants aménagent alors progressivement les zones marécageuses du nord de l’île en créant un ingénieux réseau de bassins alimentés par l’eau de mer. Ce travail colossal façonne peu à peu les paysages que l’on admire encore aujourd’hui.
L’âge d’or du sel rétais
Entre le XIIIᵉ et le XVIIᵉ siècle, la production de sel connaît un véritable essor.
Grâce à sa situation géographique idéale sur la façade Atlantique, l’Île de Ré devient un important centre de production et de commerce. Le sel est exporté vers de nombreuses régions françaises, mais aussi vers l’Europe du Nord où il sert notamment à conserver le poisson.
À cette époque, des centaines de familles vivent directement de cette activité. Les ports de l’île s’animent au rythme des navires qui viennent charger le précieux minerai.
Le paysage actuel des marais salants est en grande partie l’héritage de cette période prospère.
Le déclin d’une activité historique
À partir du XIXᵉ siècle, le métier de saunier traverse une période difficile.
L’arrivée du chemin de fer facilite l’importation de sels produits à moindre coût dans le sud de la France ou à l’étranger. Dans le même temps, les techniques modernes de conservation des aliments réduisent progressivement les besoins en sel.
De nombreux marais sont abandonnés. Certains sont transformés en terres agricoles, d’autres sont progressivement envahis par la végétation.
Pendant plusieurs décennies, on craint même la disparition complète de cette activité traditionnelle sur l’Île de Ré.
BONHEUR DE VIVRE SUR L’ÎLE DE RÉ
Envie de fruits et légumes frais ?
Tu prends ton vélo, et tu vas au marché ! C’est simple, à Ars-en-Ré, c’est tous les matins (en saison) par exemple, près du port.
Depuis le site de la Communauté de commune de l’Île de Ré, tu trouveras les lieux et jours des marchés, cliques ici !
Envie d’une sieste sur la plage de l’île de Ré ?
Tu prends ton vélo et tu suis ton instinct 😉
Et si tu as besoin d’inspiration, ce site répertorie les plages de l’Île de Ré, cliques ici !
Retrouves l’article plus généraliste sur l’Île de ré, juste ici !
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